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31 janvier 2017

3 questions à… Fabrice Hégron, co-fondateur d’En Direct des Eleveurs

Pouvez-vous nous parler de votre projet ?

Il est né d’une question que nous nous sommes posée entre agriculteurs de Loire-Atlantique. Comment peut-on exercer le métier d’éleveur laitier en 2020 ? On s’est dit qu’il fallait maîtriser l’ensemble de la filière, c’est-à-dire produire, transformer et vendre nous-mêmes notre lait. Que l’éleveur devait être au centre du projet avec le consommateur. Je suis fils et petit-fils d’agriculteur, j’ai fait une formation en gestion-commerce. Pendant cinq ans, les crises agricoles se sont répétées et ma fibre commerciale m’a permis de rencontrer des gens, de poser des questions, de creuser des idées. En 2011, nous avons décidé de fonder notre groupement. En Direct des Eleveurs, c’est du lait de grande qualité, conditionné dans notre propre laiterie, et distribué en partenariat avec Système U et E. Leclerc.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

L’objectif est d’essaimer notre projet. On veut montrer que le monde agricole peut créer quelque chose en rupture avec ce qui se fait aujourd’hui. Nous avons fait l’objet de nombreuses sollicitations depuis deux ans pour savoir comment nous avions procédé pour en arriver là, que ce soit de France ou d’ailleurs. Des gens du Nord-Pas-de-Calais veulent lancer un projet similaire au nôtre. On me demande aussi d’intervenir en Belgique ou en Italie. Des Chiliens souhaitent nous rencontrer courant 2017. L’idée est aujourd’hui de construire notre modélisation, de façon à pouvoir faire du clé-en-main dans l’accompagnement des groupes d’éleveurs qui souhaiteraient s’émanciper.

Quel est votre plus grande fierté ?

Nous sommes particulièrement fiers d’être lauréats de La France s’engage. C’est une vraie forme de reconnaissance pour tous les éleveurs qui sont dans le projet. Et il y a aussi et surtout une vraie à ce que les consommateurs achètent notre produit. Maintenant, nous souhaitons convaincre d’autres agriculteurs de changer de méthode. On veut leur redonner le goût à l’entrepreneuriat, le goût de faire par eux-mêmes et de créer des modèles. Je suis quelqu’un de très optimiste et je me dis qu’il n’y a jamais eu autant d’opportunités. Les crises sont d’ailleurs des opportunités à la création. Et à partir du moment où on va à la rencontre des consommateurs et des gens, il y a plein de choses à faire.